Maurice Bouviolle voit le jour le 3 juin 1893 dans la charmante ville de Beauvais, en France. Artiste peintre d’une sensibilité rare, son œuvre est empreinte des paysages et de la culture algérienne. En 1910, il s’inscrit à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, où il se nourrit des enseignements des maîtres Gabriel Ferrier et Henri Rousseau, véritables phares de la création artistique de son époque.
L’année 1912 marque un tournant décisif dans son parcours : sa rencontre avec le peintre Maxime Maufra l’incite à se rendre en Algérie, terre d’inspiration et de lumière. Son service militaire, effectué au sein du 1er régiment de tirailleurs algériens à Blida, lui offre une immersion directe dans ce pays vibrant de couleurs et de cultures. C’est à Blida, en 1917, qu’il commence à esquisser des peintures orientalistes qui lui vaudront une reconnaissance grandissante.
Dès 1921, son talent est révélé au Salon des artistes algériens et orientalistes à Alger, où il se voit décerner le prix Abd-el-Tif, partagé avec l’artiste Jean Bouchaud. Sous l’égide de figures influentes telles que Georges-Antoine Rochegrosse et Maxime Noiré, il présente son œuvre emblématique « Marché à Ghardaïa » au Salon des artistes français en 1922, un succès qui lui vaut la médaille d’argent. En 1931, le grand prix artistique de l’Algérie lui est décerné, coïncidant avec l’Exposition coloniale où il crée des dioramas captivants. En 1942, il est également honoré par la médaille de vermeil de l’Union Artistique de l’Afrique du Nord, fondée par Roméo Aglietti.
Sa production artistique se concentre sur la région du M’zab, où il capture avec délicatesse la vie quotidienne, particulièrement à Ghardaïa, à travers des scènes de marchés animés, des musiciens envoûtants et des danseuses Ouled Naïls. Surnommé le « chantre du M’Zab », Bouviolle incarne une vision poétique et empathique de cette culture, défiant les représentations souvent stéréotypées de l’orientalisme.
Après les tumultes de la Seconde Guerre mondiale, Maurice Bouviolle quitte Alger pour s’établir à Marseille. En 1961, une épreuve inattendue le frappe : l’hémiplégie. Toutefois, contre toute attente, il persiste à peindre, se tournant alors vers les paysages marseillais. Son art, empreint de nostalgie et de poésie, parvient à conserver les valeurs intemporelles d’un monde en pleine mutation, tout en s’harmonisant avec l’esthétique de son temps, celle des années 1910.
Maurice Bouviolle s’éteint le 29 juin 1971 à Marseille.
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