Brassaï, dont l’identité d’origine est Gyula Halász naît le 9 septembre 1899 à Brassó, en Transylvanie, aujourd’hui Brașov en Roumanie. Ce dernier est un artiste polygraphe dont les multiples talents – écrivain, sculpteur, dessinateur et surtout photographe – ont façonné l’image d’un Paris mystérieux et captivant.
Après des études à l’Académie des Beaux-Arts de Budapest et un passage par Berlin, Brassaï réalise son rêve en s’installant à Paris en 1924. C’est là qu’il adopte le pseudonyme de Brassaï, en hommage à sa ville natale, et commence à explorer les méandres nocturnes de la capitale.
Dans les années 30, alors que Paris s’éveille à l’art surréaliste, Brassaï, sans jamais se revendiquer de ce mouvement, s’impose comme un chasseur d’images. Sa vision unique du monde l’amène à capturer des scènes inexplorées : les ombres d’un bistrot, les silhouettes des promeneurs nocturnes et les graffitis qui ornent les murs de la ville. Son ouvrage « Paris de Nuit », publié en 1932, devient une référence incontournable, où chaque cliché révèle une Paris mystérieux, presque fantastique, où la lumière et l’ombre s’entrelacent pour créer des atmosphères envoûtantes.
Brassaï ne se contente pas de photographier la nuit ; il en fait un personnage à part entière. « La nuit suggère, elle ne montre pas », dit-il, et c’est cette suggestion qui l’inspire à immortaliser l’invisible. Sa fascination pour les graffitis, qu’il considère comme un « langage du mur », fait de lui un pionnier. Il voit en ces marques une résonance du passé, un écho des luttes et des passions humaines.
Tout en s’affirmant comme un maître du noir et blanc, Brassaï s’illustre également dans l’expérimentation de la couleur. En 1957, lors d’un séjour aux États-Unis, il réalise ses premières photographies en couleur, qu’il expose plus tard à la galerie Rencontre à Paris. Ses tirages en Cibachrome, novateurs pour l’époque, témoignent d’une recherche constante de nouveauté.
Brassaï demeure un artiste protéiforme. Écrivain, il publie des œuvres qui témoignent de ses réflexions sur l’art et la société, allant de « Graffiti » à « Conversations avec Picasso », où il explore les liens entre le visuel et le littéraire. Sa compagnie avec des figures emblématiques telles que Pablo Picasso, Henry Miller ou André Breton enrichit son univers créatif.
La reconnaissance de son œuvre vient avec le temps. Son film documentaire « Tant qu’il y aura des bêtes », primé au Festival de Cannes, et ses expositions au Museum of Modern Art de New York solidifient sa place dans l’histoire de l’art. En 1978, il reçoit le premier Grand Prix national de la photographie, couronnant une carrière riche en réalisations.
Brassaï meurt le 7 juillet 1984 à Beaulieu-sur-Mer. Aujourd’hui, ces œuvres continuent de capturer l’imaginaire collectif, témoignant d’une époque révolue où chaque coin de rue, chaque visage, chaque graffiti racontaient une histoire.
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