Raoul Dufy

1877-1953
France

Biographie

Né le 3 juin 1877 au Havre, Raoul Dufy a grandi dans une famille modeste, au sein d’une fratrie de neuf enfants. À quatorze ans, il interrompt ses études pour travailler dans une maison d’importation de café, mais son désir de créer le pousse à suivre des cours du soir à l’École municipale des Beaux-Arts du Havre. C’est là qu’il rencontre Othon Friesz, un ami et compagnon de route, avec qui il partage un atelier à Montmartre.

En 1900, une bourse municipale lui permet d’intégrer l’École des Beaux-Arts de Paris, où il retrouve Friesz et découvre l’univers des Impressionnistes. Ses premières œuvres, inspirées des paysages normands, révèlent une sensibilité particulière à la lumière. Les plages de Sainte-Adresse deviennent le décor de ses explorations artistiques, où il capture avec délicatesse les pêcheurs et promeneurs.

Entre 1905 et 1908, Dufy subit un tournant décisif lors du Salon d’Automne, où il découvre les œuvres fauves d’Henri Matisse. Cette révélation l’incite à explorer la couleur d’une manière nouvelle, s’éloignant des influences impressionnistes pour exprimer des émotions vibrantes à travers ses toiles éclatantes. Il adopte le fauvisme et développe un style unique, où la couleur transcende l’objet.

Sa rencontre avec le cubisme cézannien à L’Estaque avec Georges Braque en 1908 approfondit sa recherche sur la structure et la géométrie des formes. Dufy choisit de créer un langage pictural propre, dissociant dessin et couleur pour donner naissance à des œuvres riches en sensations.

Les années 1920 sont marquées par une effervescence créatrice. Dufy s’illustre dans la création de gravures, illustrations et motifs pour la mode, notamment avec le couturier Paul Poiret. Sa notoriété croissante lui permet d’entreprendre des projets monumentaux, comme la fresque “La Fée Électricité” pour l’Exposition internationale de 1937, une œuvre emblématique de son génie.
En 1945, le Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie Joseph-Déchelette à Roanne présente son travail « Atelier à Vence avec nu ou nu de l’atelier ».

Malgré la polyarthrite rhumatoïde qui l’affecte dès 1937, Dufy continue de peindre, sa passion pour l’art demeurant intacte. En 1952, il reçoit le prix de peinture à la Biennale de Venise, une ultime reconnaissance de son parcours.

Dû à sa maladie, l ’artiste s’exile à Forcalquier à la fin de sa vie , les températures étant plus clémentes dans le sud, et y fait installer son atelier. Il s’y éteint le 23 mars 1953. Raoul Dufy, est reconnu comme l’un des grands coloristes du XXe siècle.

Divers hommages lui sont rendus, comme l’exposition « Raoul Dufy – Le Plaisir » au musée d’Art moderne de Paris en 2008, ou bien en 2017, le Palais Lumière à Évian avec l’exposition « Dufy – Le bonheur de vivre ». Plus récemment, l’Hôtel de Caumont à Aix-en-Provence a organisé « Raoul Dufy, l’ivresse de la couleur » en 2022. Ces événements témoignent de l’impact durable de Dufy sur le monde de l’art et de son héritage coloré qui continue d’inspirer.

Partagez

GR_Chevalet de Dufy0002_©fabrice.lepeltier

Œuvres disponibles

Chevalet de l’artiste Raoul Dufy