Othon Friesz

1979-1949
France

Biographie

Émile Othon Friesz, né le 6 février 1879 au Havre, grandit dans un environnement imprégné par la mer. Fils d’un capitaine au long cours et petit-fils d’un cartographe des Antilles, il est tiraillé dès son enfance entre la passion des océans et celle des arts. Othon intègre l’École des beaux-arts du Havre à l’âge de treize ans, où il devient l’élève de Charles Lhuillier.

Dès ses débuts, Friesz se lie d’amitié avec de jeunes artistes prometteurs, tels que Raoul Dufy et Georges Braque. En 1897, une bourse municipale lui permet de poursuivre ses études à Paris, où il rejoint l’atelier du peintre académique Léon Bonnat.

En 1905, Friesz devient un acteur majeur du mouvement fauve. À La Ciotat, avec Braque, il découvre une lumière éclatante qui transformera sa palette. Ses toiles, aux couleurs pures et aux formes simplifiées, révèlent des paysages flamboyants et des portraits vivants. Sa peinture « La Ciotat » (1905) en est une illustration frappante, alliant exubérance du dessin et intensité colorée.

Cependant, vers 1907, l’artiste commence à s’éloigner du fauvisme, adoptant davantage l’influence de Cézanne. Dans son « Portrait de Fernand Fleuret » (1907), les couleurs s’adoucissent et la structure devient plus rigoureuse, témoignant de sa recherche d’une expression plus profonde. Ses voyages à travers l’Europe, du Portugal à l’Italie, lui offrent une source inépuisable d’inspiration.

La Première Guerre mondiale éclate. Le conflit l’incite à créer des œuvres empreintes de tourment, reflétant l’angoisse d’une époque. Alors que ses compositions prennent une tournure plus naturaliste, une certaine sensualité émerge dans ses nus et ses portraits. En 1923, son « Portrait de Mme Friesz » illustre ce glissement vers un art introspectif, mêlant émotion et recherche de beauté.

Tout au long de sa carrière, Othon Friesz participe à de nombreuses expositions en France et à internationale. En 1937, il réalise la décoration du palais de Chaillot avec son ami Dufy. Sa vie se déroule entre les murs de son atelier parisien, où il enseigne et partage sa passion.

Malgré les tumultes de la guerre et les défis de l’Occupation, Friesz reste un ardent défenseur de son art. Son engagement lui vaut une interdiction professionnelle en 1946, mais sa résilience ne faiblit pas. Il continue à peindre jusqu’à sa mort, survenue le 10 janvier 1949 à Paris.

Othon Friesz repose désormais au cimetière du Montparnasse, où sa tombe est ornée d’un médaillon réalisé par Paul Belmondo rappelant le parcours d’un artiste audacieux, explorateur des couleurs et des formes.

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Œuvres disponibles

L’été