Maximilien Luce, né le 13 mars 1858 dans le 7e arrondissement de Paris au sein d’une famille modeste, est un peintre, graveur et illustrateur français.
Fils de Charles Désiré Luce, comptable, et de Louise Joséphine Dunas, il grandit dans un milieu où l’art et la culture sont valorisés.
En 1870, il suit des cours de dessin à l’École des arts décoratifs de Paris. C’est une période marquée par la Commune de Paris qui influence sa sensibilité politique et artistique.
En 1872, Luce entame un apprentissage en gravure sur bois dans l’atelier d’Henri Théophile Hildibrand et suit des cours du soir à l’école de dessin de la rue de Vaugirard. En 1876, il devient ouvrier graveur à l’atelier d’Eugène Froment et fréquente l’Académie Suisse, où il réalise son premier tableau connu, « Jardin à Montrouge ». En 1879, il est mobilisé dans le 48e régiment d’infanterie de ligne, mais grâce à l’intervention de son mentor Carolus-Duran, il peut reprendre ses activités artistiques en 1881.
Durant les années 1880, Luce découvre le néo-impressionnisme grâce à des rencontres avec Georges Seurat et Paul Signac, qui influencent sa technique et son approche. En 1887, il expose au Salon des indépendants et rencontre d’autres figures importantes du mouvement, comme Camille Pissarro. Ses œuvres de cette époque, souvent caractérisées par des couleurs sombres et une touche serrée, se concentrent sur des paysages de banlieue.
À partir de 1895, Luce effectue plusieurs séjours dans le pays Noir en Belgique, où il est captivé par l’univers industriel et les paysages de Charleroi. Cette expérience lui inspire une série d’œuvres puissantes, témoignant de la beauté et de la dure réalité du monde ouvrier. Il s’éloigne progressivement du divisionnisme pour adopter un style plus libre, cherchant à mieux exprimer la force de l’effort humain.
Au tournant du siècle, Luce se concentre sur les chantiers parisiens, capturant la transformation de la ville avec une approche impressionniste, mettant l’accent sur la géométrie des échafaudages et le travail des ouvriers. Ses œuvres, telles que « Les Batteurs de pieux » et « Les Terrassiers », rendent hommage à la dignité et à l’effort collectif des travailleurs.
Luce s’intéresse également à la peinture d’histoire, notamment pour évoquer la Commune de Paris et la Première Guerre mondiale. Il dépeint la souffrance des soldats et des civils, adoptant une approche sociale et humaniste de l’art. Son tableau « Une rue de Paris en mai 1871 » illustre son désir de se souvenir des luttes passées.
À partir de 1920, Luce s’installe à Rolleboise, où son style évolue vers des thèmes plus apaisés, se reconnectant avec la nature et les paysages bucoliques. Il continue de peindre jusqu’à la fin de sa vie, capturant des scènes de la vie quotidienne et des instants de sérénité.
Maximilien Luce décède le 7 février 1941 à Paris. Son oeuvre reflète son engagement politique, ses explorations techniques et sa capacité à représenter la vie des humbles et des travailleurs à travers une palette riche et vibrante.
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