Michel Zadounaisky

1903-1983
Russie

Biographie

Né le 10 mars 1903 à Ekaterinodar, dans l’Empire russe, Michel Zadounaïsky voit le jour dans une famille d’émigrés. Ses parents fuient les tumultes de leur terre natale pour rejoindre la France en 1916, alors que Michel n’a que treize ans. Cette migration, façonne le jeune homme qui se destine à devenir un artiste aux talents multiples.

À Lyon, berceau d’une effervescence artistique, Michel s’inscrit brièvement aux Beaux-Arts. Cependant, c’est dans les ateliers de la manufacture de lustrerie Fournet qu’il découvre sa passion pour le fer forgé. De 1920 à 1924, il apprend à dompter ce métal, forgeant son identité d’artisan-sculpteur.

En 1924, il ouvre son premier atelier à Lyon. Dès lors, il s’impose comme l’un des rares ferronniers à s’affirmer en tant que sculpteur, transcendant la simple artisanat pour insuffler une âme à ses œuvres. Les salons de Lyon, dont celui de la métallurgie, deviennent ses premières scènes d’exposition. Chaque pièce qu’il présente, qu’il s’agisse d’un cache-radiateur orné ou d’un lampadaire aux motifs de serpents, témoigne de son ingéniosité et de son sens du détail.

L’œuvre de Zadounaïsky s’épanouit dans un bestiaire d’animaux fantastiques, où la faune marine et terrestre se mêle à l’imaginaire. Ses créations, telles que la porte au naja dressé ou les grilles ornées de motifs animaliers, séduisent une clientèle variée, allant des particuliers aux institutions publiques. Son style, influencé par l’Art Déco, se distingue par des entrelacs végétaux et des formes animalières étonnantes.

La Seconde Guerre mondiale interrompt son parcours. En tant que volontaire étranger, il sert son pays, consignant ses impressions à travers des dessins qui témoignent de son regard aiguisé sur le monde. À son retour à Lyon, il reprend ses activités, créant des pièces emblématiques, comme la grille d’entrée de l’Hôtel de Gadagne et la grille du musée de l’Imprimerie, qui marquent son empreinte sur le paysage artistique lyonnais.

En 1948, après des années de démarches, il obtient la nationalité française, scellant son destin en tant qu’artiste intégré à la culture française. Sa carrière s’épanouit jusqu’en 1973, année où il ferme son atelier, « Temps heureux », mais son héritage perdure.

Michel Zadounaïsky s’éteint en 1983 à La Hauteville.  Son parcours, témoin d’une vie dédiée à l’art et à l’artisanat, incarne l’idée que la ferronnerie est bien plus qu’un simple métier : c’est une passion, un art de vivre.

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Œuvres disponibles

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